Lectures conseillées
Par Helen HA, mardi 22 juillet 2008 à 17:43 :: :: Littérature :: #106 :: rss
Une petite introduction s'impose avant la rédaction de ce billet, non?
Cela fait quasiment un mois que je n'ai pas posté sur ce site et pour cause, j'ai été beaucoup occupée... Mais me revoilà, en pleine forme... ^^ J'espère que vous passez toutes et tous de bonnes vacances ou au moins, un bel été... Ici, dans le nord, ce n'est pas trop ça mise à part aujourd'hui, et au lieu d'en profiter, je suis là, installée devant mon ordinateur :)
Et tout cela pour vous chers internautes ^^ En effet, j'ai quelques lectures à vous conseiller (et vivement)!
Le premier ouvrage s'intitule Un éternel Treblinka et a été écrit par Charles Patterson. Je l'ai découvert en lisant "Sciences Humaines". La critique du journaliste m'a plu (pour la lire cliquez ici) mais c'est plus le contenu de l'ouvrage en lui même qui m'a interpellée. Voici le résumé que l'on peut lire chez Calmann-lévy :
La souffrance des animaux, leur sensibilité d'êtres vivants, est un des plus vieux tabous de l'homme. Dans ce livre iconoclaste - que certains considéreront même comme scandaleux -, mais courageux et novateur, l'historien américain Charles Patterson s'intéresse au douloureux rapport entre l'homme et l'animal depuis la création du monde.
Il soutient la thèse selon laquelle l'oppression des animaux sert de modèle à toute forme d'oppression et la "bestialisation" de l'opprimé est une étape obligée sur le chemin de son anéantissement. Après avoir décrit l'adoption du travail à la chaîne dans les abattoirs de Chicago, il note que Henry Ford s'en inspira pour la fabrication de ses automobiles. Ce dernier, antisémite virulent et gros contributeur au parti nazi dans les années 30, fut même remercié par Hitler dans Mein Kampf. Quelques années plus tard, on devait retrouver cette organisation du "travail" dans les camps d'extermination nazis, où des méthodes étrangement similaires furent mises en oeuvre pour tétaniser les victimes, leur faire perdre leurs repères et découper en tâches simples et répétitives le meurtre de masse de façon à banaliser le geste des assassins.
Un tel rapprochement est lui-même tabou, étant entendu une fois pour toutes que la Shoah est unique. Pourtant, l'auteur yiddish et prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer (qui a écrit, dans une nouvelle dont le titre de ce livre est tiré, "pour ces créatures, tous les humains sont des nazis") fut le premier à oser la comparaison entre le sort réservé aux animaux d'élevage et celui que les hommes ont fait subir à leurs semblables pendant la Shoah.
S'inspirant de son combat, Patterson dénonce la façon dont l'homme s'est imposé comme "l'espèce des seigneurs", s'arrogeant le droit d'exterminer ou de réduire à l'esclavage les autres espèces, et conclut son essai par un hommage aux défenseurs de la cause animale, dont Isaac Bashevis Singer lui-même.
Ce que j'ai ressenti en lisant ce livre (sans trop en dévoiler) : je n'en ai pas plus appris sur la Shoah. Ce n'est d'ailleurs pas le but poursuivi par Patterson... J'ai ouvert les yeux sur le traitement infligé aux animaux dans les abattoirs. Si chacun de nous est plus ou moins au courant de ce qui s'y passe, on préfère ne pas trop y penser. Et il est vrai qu'il existe un lien entre la Shoah et ce que subissent les animaux depuis toujours (et ce qu'ils subiront toujours malheureusement - navrée pour la touche de pessimisme). La comparaison peut sembler excessive voire scandaleuse pour certains mais je vous assure qu'en lisant ce livre, vous vous en rendrez compte. Ce travail réalisé par Patterson ouvre les yeux et l'esprit. Il invite à la réflexion et à se défaire de préjugés et de belles notions qui nous ont été inculqués... Par exemple : une multitude de "grands hommes" ou que l'on pense être de "grands hommes" du moins, de grands philosophes, scientifiques... devient une multitude d'hommes aux théories racistes, totalement précaires et dénuées de sens et de raison. Je me suis posée une même question tout au long de ma lecture : ceux-ci sont-ils excusables étant donné l'époque à laquelle ils vivaient, au moment où le nouveau monde était encore inconnu, etc? Admettons que les grecs soient excusables, les nazis ne peuvent plus l'être à la mi 20ème siècle! Ce qui m'a aussi surprise, c'est le comportement des américains (sans faire une généralité évidemment) pendant la guerre et même avant! A 19 ans, après avoir reçu un bon enseignement général dans un bon lycée, on considère les américains comme nos sauveurs durant la Seconde Guerre, au moins un minimum! On sait que la France a collaboré mais on a l'impression que les américains étaient blancs comme neige. Mais de leur continent, ils en ont pensé et fait de choses horribles...
Voilà pour la première lecture.
Le deuxième ouvrage que j'aimerais vous présenter est celui de Thich Nhat Hanh, intitulé Il n'y a ni mort ni peur.
Avant tout, en voici le résumé (Editions Pocket) :
Une sagesse réconfortante pour la vie.
Nous avons beau savoir que la vie est véritablement précieuse, nous n'arrivons pas toujours à l'apprécier à sa juste valeur. Souvent même, la peur d'être confronté au néant total au moment de la mort nous empêche de profiter de l'instant présent.
Afin de dépasser cette angoisse, le vénérable Thich Nhat Hanh nous conduit à un examen minutieux de la mort, de la peur et de la nature de l'existence, dans la grande lignée des moines bouddhistes et de leur enseignement depuis deux mille cinq cent ans. L'auteur rend cette sagesse et sa mise en pratique accessibles à tous en explorant les mythes traditionnels relatifs à notre manière de vivre et de mourir.
En comprenant qu'il n'y a ni naissance ni mort, mais juste une continuation, nous serons libérés de la peur et nous pourrons enfin vivre pleinement notre vie.
Ce que j'ai à dire sur cette leçon de vie : si vous êtes un habitué de ce site et si vous venez de lire ce bref résumé, peut être aurez-vous remarqué quelque chose... Rappelez-vous l'article que j'ai écrit le 19 avril dernier et s'intitulant "La fin"... N'y a-t-il pas quelques similitudes entre mes propos et ces quelques mots ci dessus? Il y a environ un mois, j'errais dans le rayon "philosophie, histoire..." de notre chère librairie du nord :) et arrivée au niveau 'Bouddhisme', ce titre : il n'y a ni mort ni peur a capté mon regard. Je me suis mise à lire de quoi il s'agissait. Alors, je me suis dit : "Waouw, c'est de cette façon que j'essaie de penser; j'ai souvent été confrontée à cette peur de la mort et de la fin et donc à la manière de la surmonter, et là, j'aurais peut être des réponses concrètes, claires, précises". Je suis repartie avec l'ouvrage de Thich Nhat Hanh sous le bras, sans hésiter. Au fil des pages, j'avais besoin d'expliquer à mon entourage ce que je venais de lire tellement cela était vrai et finalement si simple à comprendre. J'avais besoin de partager cette vérité qui je sais, peut réellement aider chacun d'entre nous à vivre dans le bonheur et la paix. En une centaine de pages, on apprend comment saisir le bonheur dans le moment présent et ne pas se déchirer en vivant à travers le passé ou en ne faisant que des projets (on en oublie alors de vivre) - Voici quelques mots que vous pouvez apprendre par cœur et vous les rappeler au quotidien : "Je suis chez moi, je suis arrivé. Il n'y a qu'ici et maintenant. Bien solide, vraiment libre. Dans l'ultime je m'établis" -; on apprend que rien ne peut devenir quelque chose et que quelque chose ne peut devenir rien... Nous sommes quelque chose et quand nous mourrons, nous ne pourrons devenir rien... Nous sommes partout, nous sommes nos ancêtres et nos descendants génétiques ou spirituels... Nous sommes l'eau, la terre, le soleil... On apprend à se libérer des concepts et des idées : naissance-mort, droite-gauche, haut-bas... Il n'y a ni naissance, ni mort. Il y a une continuation et un enchaînement de manifestations toutes différentes et identiques à la fois. Nous sommes la conséquence d'innombrables causes et inversement. On apprend à pratiquer le regard profond, à voir le feu en regardant l'allumette bien qu'elle n'ait pas été allumée, à voir les fleurs dans l'arbre en hiver, à voir le nuage dans la tasse de thé...
Je vous invite à lire ce court ouvrage de spiritualité : il vous donnera les clefs d'une vie meilleure. Vous intellectualiserez sans doute ces clefs mais la pratique de la méditation au quotidien devra vous accompagner afin que vous soyez prêts le moment venu et prêts à aider vos prochains.
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