Il s'agit de David Nebreda, artiste photographe espagnol qui se dit autodidacte. Il a, au jour d'aujourd'hui une cinquantaine d'années, il est fortement myope et ne corrige pas du tout sa vue. Pourquoi vous dis-je ça? Parce qu'en tant que myope avancée je compatis? Hu! Non pas vraiment. Je tiens à préciser cela afin que vous cerniez de suite le personnage!
En plus d'être myope, Monsieur Nebreda est diagnostiqué schizophrène paranoïaque. Plus explicitement (merci au dictionnaire) il est respectivement atteint de psychose chronique caractérisée par une perte de contact avec la réalité et une dissociation de la personnalité; et de délire de persécution, de grandeur ou de jalousie, avec tendance à l'interprétation.
Durant sa jeunesse il a fait preuve d'un silence obstiné envers ses parents et tout au long de sa vie a fait des aller-retour en hôpital psychiatrique. Voilà ce que j'ai principalement retenu de cet artiste après quelques recherches à son sujet. L'interprétation de son mode de vie et de ses oeuvres est la suivante : Nebreda serait un homme intelligent, cultivé et professionnel qui considère son corps comme une simple enveloppe de l'âme. Enveloppe qu'il semble sous-estimer puisqu'en effet, il la maltraite, la mutile. Il la brûle, la scarifie ou l'induit d'excréments, entre autres... Mais pourtant, il n'est pas masochiste...
Son oeuvre est pour certains ce que Kant nommait le sublime terrible mais pour tous, David Nebreda est fou; ce qu'il ne dément pas. La folie serait d'ailleurs, d'après lui, essentielle à son travail sur l'identité.
Pour terminer, voici quelques dires de Giles de Staal:

"Il a photographié, pendant ces sept ans, l'effroyable voyage, dans la plus absolue réclusion, qui le conduit aux limites de l'annihilation. « Il le fait, de par sa volonté, en silence », écrit il avec son sang sur les photos autour desquelles il ordonnance son long sacrifice. Série d'autoportraits qui sont comme les arrêts d'une via sacra qui le porte jusqu'en croix, vers sa résurrection."


J'ai volontairement choisi d'afficher une photographie qui ne choquera pas mais d'autres sont disponibles et reflètent mieux le but de l'artiste : âmes sensibles s'abstenir.
Photo 1
Photo 2

Je préfère ne pas donner mon avis sur le travail de l'artiste, c'est un peu délicat. Vous trouverez les photographies de Nebreda aux éditions Léo Scheer.